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Les Arts Spirituels et symboliques Spiritualité

La pensée symbiotique

    La pensée symbiotique est un processus à la fois physique et mental qui permet de s’intégrer au monde. Cette connexion, ce sentiment d’appartenance à un tout et, plus encore, d’interdépendance, affine la perception de la place que nous occupons dans l’univers en tant qu’êtres vivants et pensants. Elle vise une paix intérieure et, par cette présence renforcée, une manière plus juste d’habiter le monde et d’agir sur ce qui nous entoure.

    Largement délaissée par l’humanité à mesure que nos sociétés s’éloignaient de la nature, elle se cultive pourtant par des moyens simples. Ceux-ci se répartissent en deux familles, détaillées plus loin : les interactions physiques, qui réengagent le corps dans le monde, et les exercices mentaux, qui entraînent l’esprit à se relier à lui.

Un ancrage dans le Sohnaris

    La pensée symbiotique se fonde sur les principes du Sohnaris. S’il offre un appui si solide à l’esprit, c’est que ses trois grands traits se prolongent naturellement en une manière d’être : l’inclusivité invite à n’exclure rien ni personne du regard que l’on porte ; l’équilibre, à percevoir chaque chose comme la part d’un même tout ; l’imaginaire, à demeurer ouvert à tout ce qui peut être conçu. Ensemble, ils dessinent une attention bienveillante portée sur toute chose.

L’amour universel

    C’est là ce que l’on peut nommer l’amour universel : une bonté inconditionnelle, faite de positivité, d’acceptation et d’observation. Loin d’une passivité contemplative, c’est un exercice exigeant, mental autant que physique, qui consiste à augmenter sa présence et à se lier sincèrement à son entourage. C’est par cette ouverture que l’on finit par influer sur le monde : en se transformant d’abord soi-même, puis, de proche en proche, la qualité de ses relations.

Les interactions physiques essentielles

    La pensée symbiotique ne peut exister sans une implication directe du corps dans le monde. L’esprit seul dérive, et le corps seul subit : c’est dans leur union que naît une perception plus juste de la réalité.

    Ces pratiques ont en commun une rupture avec les rythmes imposés par les sociétés modernes. Elles ralentissent, simplifient et ramènent à des dynamiques plus proches du vivant. Moins complexes en apparence, elles portent pourtant une profondeur originelle que nos modes de vie tendent à effacer.

La marche

    La marche est le mouvement le plus naturel de l’être humain. Elle ne demande ni objectif ni performance. En avançant sans contrainte, le corps retrouve un rythme organique, et l’esprit s’aligne peu à peu sur ce flux.

    Utilisée comme initiateur spirituel par les druides, elle est une pratique de connexion directe à la nature : elle libère l’esprit des tensions accumulées, dissout les pensées parasites et fait retrouver une forme de clarté intérieure. Marcher, c’est accepter de ne pas aller plus vite que soi-même, une mise en accord silencieuse avec le monde.

La contemplation

    Contempler, c’est observer sans chercher à modifier : un exercice d’abandon du contrôle, où l’attention se pose sans attente. Dans cet état, les détails reprennent de l’importance, et ce qui semblait insignifiant devient porteur de sens.

    La contemplation permet de prendre du recul, de remettre les choses en perspective et de nourrir la créativité. Elle ne transforme pas le monde, mais le regard que l’on porte sur lui.

Le contact animal

    Les animaux vivent en dehors des constructions mentales humaines : leur présence est directe, sans détour. Entrer en contact avec un animal, c’est se confronter à une forme de vie fragile, soumise à son environnement et profondément dépendante de son équilibre.

    Cela nous rappelle l’impact que nous avons sur le vivant, mais aussi notre propre nature. Car malgré les structures que nous avons bâties, nous restons avant tout des animaux ; l’oublier, c’est se couper d’une part essentielle de nous-mêmes.

L’épreuve

    La vie elle-même est une épreuve. Pour la plupart des êtres vivants, exister signifie survivre : chaque instant est une forme de lutte, parfois invisible, mais constante. Les sociétés humaines ont peu à peu créé des extrêmes : certains ne luttent plus, tandis que d’autres ne font que lutter. Dans les deux cas, un déséquilibre s’installe.

    La facilité sans épreuve mène à la stagnation ; la lutte sans répit épuise sans transformer. C’est dans l’alternance entre tension et apaisement que se construit une progression véritable : l’épreuve fragilise les certitudes, et le repos permet de les réorganiser. Ainsi l’évolution ne naît ni de la douleur ni du confort, mais du passage entre les deux.

Les exercices mentaux

    Si le corps se relie au monde par l’action, l’esprit s’y relie par l’attention. Deux exercices mentaux prolongent ainsi les interactions physiques : la méditation éclairée et la visualisation des symboles primordiaux.

La méditation éclairée

    À la différence d’une méditation qui chercherait à faire le vide, la méditation éclairée ne cherche pas à fuir les pensées, mais à les éclairer. Il s’agit d’observer le flux de l’esprit avec lucidité, de laisser chaque pensée se présenter, se relier aux autres, puis se dissiper, sans s’y agripper ni la rejeter.

    Peu à peu, l’agitation se décante et laisse paraître une conscience plus large, où l’on se perçoit comme la part d’un tout plutôt que comme un centre isolé. C’est une méditation tournée non vers l’absence, mais vers la présence et la compréhension.

La visualisation

    Le second exercice consiste à donner forme à la pensée. En se représentant mentalement des figures simples, l’esprit apprend à concentrer son attention et à se connecter au monde. Cette pratique s’appuie sur un langage de formes que les pages suivantes détaillent : d’abord les formes primordiales, puis les symboles qu’elles composent.

Les formes primordiales

    Les symboles primordiaux sont constitués de trois formes arrondies : l’arc de cercle, le cercle et le disque. Ce sont des figures géométriques simples, inspirées de notre univers.

    Des atomes aux étoiles, jusqu’à la manière dont la gravité et le magnétisme se manifestent, les courbes se retrouvent partout dans l’univers. Ces formes sont au cœur des neuf composants du Sohnaris.

Arc de cercle

L'arc de cercle est la forme primitive qui permet de tracer le cercle et le disque. En revanche, il s'agit moins d'une forme inachevée, que de l'idée de commencement et de fragment.

Il peut être utilisé pour représenter le mouvement, l'élan, la vitesse ou encore l'horizon. En effet, l'arc de cercle possède une particularité que le cercle et le disque n'ont pas : il peut être orienté dans n'importe quelle direction.

Disque

Le disque exprime des concepts fermés, qui se suffisent à eux-mêmes. Il peut décrire la plénitude, l'unité, l'entité, l'individualité, mais peut aussi, tout comme le cercle, contenir. L’univers, par exemple, peut être dépeint sous la forme d'un disque : son contenu est implicite.

Les disques sont paradoxalement les formes les moins présentes, exception faite du Sohnaris. Toutefois, lorsqu'il est utilisé, il n'est pas rare qu'il y en ait trois ou plus d'un coup, à la différence du cercle.

Cercle

Le cercle peut servir à rassembler plusieurs formes, ou exprimer des concepts autonomes, tels que la perfection, l'infinité ou le néant. Le cercle exprime généralement la notion de cycle, voire de temps. La plupart des symboles contiennent au moins un cercle.

Paradoxalement, il est optionnel dans le Sohnaris, car son idée est déjà induite par le support. C'est aussi le cas pour d'autres symboles, où son dessin serait considéré comme redondant.

Les symboles primordiaux

    Les symboles confèrent une puissance de visualisation qui ouvre l’initiation à la pensée symbiotique. Du trait de crayon ou de pinceau aux mouvements de danse circulaires, ils peuvent prendre des formes très diverses, toutes destinées à entraîner l’esprit à visualiser et à se connecter au monde.

Des vecteurs mentaux

    L’exercice des arts symboliques primordiaux demande une certaine force spirituelle. Lorsqu’un symbole est dessiné, gravé ou mis en relief de façon à être immédiatement reconnu et interprété par le cerveau, il devient un support de visualisation. L’esprit s’en sert alors comme d’une passerelle vers le monde : un point d’appui concret pour son attention.

Entre idée abstraite et figure concrète

    La visualisation fonctionne comme un langage réduit à l’essentiel, une langue protéiforme que chacun réinvente pour lui-même. Une forme doit évoquer immédiatement quelque chose, un concept ou un objet. C’est pourquoi un même sujet peut se représenter par une multitude de symboles : leur tracé reste subjectif.

Quelques règles de création

    L’agencement des formes obéit à quelques règles naturelles :

  1. Les traits peuvent se toucher et s’accoler, mais jamais se traverser.
  2. Mieux vaut limiter le nombre de formes ; on s’efforce généralement de rester en deçà de neuf.
  3. Tout en respectant la première règle, il faut laisser libre cours à son expression et ne pas s’imposer de contraintes inutiles.
    Pour passer à la pratique, l’Atelier permet de composer ses propres symboles à partir de ces trois formes.